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Un budget considérable ne permet pas nécessairement d’améliorer la sécurité

Actualités - 10/09/2019
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Auteur(s): 
Kenny Jossels


Les entreprises ne peuvent/veulent dépenser indéfiniment de l’argent pour la sécurité au travail. Dès lors, le conseiller en prévention est parfois amené à faire des choix : faut-il éviter à tout prix le moindre accident ou opter pour une approche plus audacieuse en fonction d’une politique de sécurité et de bien-être plus large et qui profite également à l’entreprise ? Il n’est pas toujours nécessaire de recommander d’innombrables mesures de protection pour éviter un accident.

Les conseillers en prévention doivent oser tenir compte de la réalité commerciale et donner des conseils allant dans ce sens. Il arrive toutefois que cela implique de ne pas tenir compte de certains accidents. Le budget octroyé à des mesures de protection inefficaces pourrait être consacré plus utilement à la prévention de risques plus importants, qui peuvent être à l’origine de décès. Un accident finit toujours par arriver, car il est possible de jouer de malchance. Mais ceci ne doit pas déboucher sur l’adoption d’un trop grand nombre de mesures de protection visant à éviter que l’accident se (re)produise. On peut également envisager les risques pour la santé à long terme. Des conseils peuvent ainsi être dispensés sur les mesures susceptibles d’avoir un impact plus durable sur la sécurité pour l’ensemble de l’entreprise.

Exemple : pour des travaux sur une voie ferrée exécutés en journée, il faut prendre de nombreuses mesures de sécurité et les caténaires doivent parfois être mises hors tension. C’est pour éviter ces inconvénients que de nombreux travaux sont réalisés de nuit et par équipe. Or, pour les collaborateurs, le travail de nuit représente un risque pour la santé à long terme. Il faut donc oser prendre le risque qu’un accident survienne en journée plutôt que d’imposer un travail de nuit à un grand groupe de travailleurs pour qui cette méthode s’avérerait plus néfaste à long terme.

Les conseillers en prévention doivent aider leur employeur à faire des choix réfléchis dans les limites du budget disponible. Il convient donc d’estimer efficacement les coûts et les bénéfices, ce qui revient à procéder à une évaluation intégrale du risque pour l’entreprise, plutôt qu’à adopter le réflexe de régulation du risque, c’est-à-dire le réflexe (qu’ont les pouvoirs publics ou d’autres organismes), une fois qu’un risque a été rendu public (que ce soit ou non à la suite d’un incident) de prendre des mesures visant à le limiter sans pour autant en évaluer effectivement les avantages et les inconvénients. Trois aspects peuvent faire obstacle à cette approche intégrale : une spécialisation poussée (dans un volet spécifique d’un domaine de sécurité que l’on maîtrise bien), la crainte de la responsabilité personnelle (on est responsable de l’avis que l’on remet) et l’idée que la sécurité prime tout (il n’y a pas de budget illimité pour tout).

L’évaluation des risques qui s’impose et les moyens de protection dégagés doivent permettre de prévenir certains accidents, mais il est utopique de croire qu’il est possible de les éviter tous. De même, après un accident, il ne faut pas nécessairement prendre systématiquement des mesures pour éviter qu’il ne se reproduise. Ceci peut être difficile parce qu’un conseiller en prévention s’efforce toujours de garantir un maximum de sécurité.

Source:  Arbo.nl