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L’exosquelette comme EPI : une première expérience pratique

Actualités - 15/06/2020
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Auteur(s): 
Geert Van Cauwenberge


Nous n’avons encore qu’une expérience pratique relativement réduite des premières utilisations d’exosquelettes en tant qu’équipements de protection individuelle en milieu professionnel. Un dispositif de soutien du bras a toutefois été testé en conditions réelles chez les plâtriers.

Un exosquelette de manutention peut-il être efficace pour les plâtriers ? Le métier est physiquement éprouvant et présente un risque réel de surcharge musculaire. Lors du travail des murs et des plafonds, les plâtriers adoptent différentes postures et reproduisent différents mouvements.

En collaboration avec le fournisseur de matériaux de construction Knauf, le bureau d’études indépendant néerlandais TNO a étudié l’efficacité de ce dispositif technologique. Les tests se sont déroulés dans un milieu de travail contrôlé où les plâtriers, qui effectuaient des tâches en conditions réelles, ont fait l’objet d’un suivi attentif durant leur travail.



(photo: TNO)

Les résultats des tests indiquent que, par rapport au mode de travail classique sans exosquelette, l’utilisation du dispositif a permis de réduire de trente à quarante pour cent l’activité musculaire des bras. L’exosquelette utilisé lors des tests soutenait le bras grâce à un mécanisme à ressort lors des travaux impliquant que les bras soient en hauteur. Pendant les journées de test, il a été demandé à onze professionnels de plafonner un mur et un plafond, une fois avec exosquelette et une fois sans. Tout au long de l’activité, les chercheurs ont procédé à des mesures régulières de l’activité musculaire pour chaque tâche. Les plâtriers ont eu la possibilité d’exprimer leur ressenti quant à l’utilisation du dispositif, en ce compris ses avantages et ses inconvénients.

Résultats des tests

Les tests montrent que le soutien conféré par l’exosquelette est surtout bénéfique pour les muscles sollicités pour lever le bras. Les chercheurs ont constaté une réduction de l’activité musculaire, essentiellement au niveau des muscles de l’épaule et du haut du bras (trapèze, deltoïde moyen et deltoïde antérieur). L’activité musculaire maximale sans exosquelette a été mesurée lors de la finition des plafonds. Pendant cette tâche, l’exosquelette a contribué à réduire significativement l’activité musculaire de respectivement trente, trente-huit et trente pour cent pour les muscles examinés (épaule et haut du bras). L’activité musculaire mesurée était également inférieure lors des autres tâches.

Qu’en pensent les plâtriers ?

Interrogés sur l’expérience à laquelle ils ont participé, les plâtriers indiquent avoir ressenti l’effet positif de l’exosquelette en termes de soutien. La charge perçue lors des différentes tâches, y compris l’application du plâtre sur les murs, était moindre lorsqu’ils utilisaient l’exosquelette. La charge musculaire la plus intense était essentiellement ressentie lors des travaux aux plafonds. L’appréciation « légèrement lourde » à « lourde » sans exosquelette passait à « très légère » avec l’exosquelette. Le port de cet accessoire technologique présente toutefois certains inconvénients, comme la chaleur et les restrictions en matière de mouvement.

Source :https://www.tno.nl/nl/over-tno/nieuws/2020/5/tno-test-exoskelet-leidt-tot-minder-belasting-stukadoors/

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