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Moins de télétravail, plus de contaminations sur le lieu de travail ?

Actualités - 30/03/2021
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Auteur(s): 
Geert Van Cauwenberge


Dans une précédente communication senTRAL, nous signalions déjà que le télétravail obligatoire ne soulevait pas l’enthousiasme des employeurs, selon des enquêtes récentes de BECI, UCM, Unizo, l’UWE et Voka. Bon nombre de dirigeants d’entreprise estiment que le télétravail obligatoire, en vigueur depuis le mois d’octobre, a une influence négative sur la productivité de leurs collaborateurs.

Selon les derniers chiffres du moniteur du télétravail, 47 % des travailleurs flamands ont télétravaillé en février 2021, contre 36,4 % en août 2020. Ce pourcentage peut être scindé en deux parties : 31,3 % de télétravailleurs à temps plein (19,2 % en août 2020) et 15,7 % de travailleurs qui alternent le télétravail et la présence au bureau (17,2 % en août 2020).

À partir de février, les chercheurs constatent une augmentation systématique de la mobilité, avec une hausse de 6 % pendant les vacances de carnaval.

Du côté des travailleurs, les avis sont partagés après des mois de télétravail obligatoire. Pour certains, il s’agit d’une forme de travail qui stimule l’autonomie, la productivité et le rendement, alors que d’autres en ont assez des réunions et séances de brainstorming en ligne, ainsi que du manque de contacts sociaux sur le lieu de travail.

Davantage de contaminations sur le lieu de travail

En ce qui concerne les contaminations et les hospitalisations, les chiffres se sont stabilisés avant d’afficher malheureusement une nouvelle tendance à la hausse (mi-mars 2021). L’apparition de variants étrangers (britannique, sud-africain et brésilien) reste également un sujet d’inquiétude pour les virologues.

Selon le virologue Steven Van Gucht, le nombre de foyers épidémiques continue à augmenter sur les lieux de travail et est en légère baisse dans les écoles. Les secteurs concernés sont généralement des secteurs dans lesquels le télétravail est pratiquement impossible ou difficilement réalisable, comme dans les entreprises de services, les entreprises agroalimentaires, les entreprises de construction, les établissements de soins et les hôpitaux, les sociétés de nettoyage et les services de police. Parmi tous les foyers actifs actuellement, 40 % sont constatés sur les lieux de travail, suivis par les écoles avec 29 %. Le lieu de travail peut faire office de point intermédiaire dans la propagation des contaminations, par exemple au sein des familles.

Lode Godderis, directeur général d’IDEWE, relativise toutefois ces chiffres. « Je pense que le chiffre de 40 % de foyers actifs sur les lieux de travail n’est pas gravé dans la pierre, car pour l’instant, il n’y a aucune identification des sources de contamination. Il est par conséquent possible que ce chiffre soit sous-estimé ou surestimé. Nous ne sommes pas certains que les contaminations se produisent effectivement sur les lieux de travail. Les recherches de foyers épidémiques et les analyses des résultats PCR positifs en lien avec les secteurs d’activité montrent toutefois que les foyers épidémiques sont nombreux sur les lieux de travail ».


(photo: Unsplash -  Yasmina H)

Motivation en berne ?

Lode Godderis ne s’étonne pas de l’augmentation de la mobilité. « Il est clair que l’engouement des collaborateurs à l’égard du télétravail obligatoire à temps plein s’essouffle, et cela se traduit par un plus grand nombre de déplacements domicile-travail. Certains employeurs – tenant compte des conclusions précitées – se sont sans doute montrés plus souples et ont autorisé leurs collaborateurs à revenir au bureau, certes dans le respect des mesures requises en matière d’hygiène du travail. Ils doivent tout de même prendre conscience que les différents services d’inspection procèdent toujours à des contrôles et que ces contrôles vont s’intensifier. J’estime que l’introduction et le maintien du télétravail obligatoire sont de bonnes mesures, d’une part parce que cela clarifie les choses et d’autre part parce qu’il s’agit de l’un des facteurs qui nous permettent actuellement de stabiliser les chiffres de contamination, surtout en comparaison avec les pays voisins ».

Travail basé sur l’activité

« Je crois fermement au concept du travail basé sur l’activité qui consiste à travailler là où on est le plus productif et où ont atteint son meilleur rendement. Cet endroit peut être le domicile ou le lieu de travail, mais par exemple aussi un bureau satellite, le lobby d’un hôtel ou même un café. Ce type d’environnement crée une nouvelle dynamique et est idéal pour organiser par exemple des entretiens informels avec les collaborateurs ou des séances de brainstorming avec les collègues ou clients. Il faut également savoir qu’une telle approche doit être adaptée aux collaborateurs : certains atteindront leur meilleur rendement dans un environnement de travail calme tandis que d’autres privilégieront un environnement riche en stimuli », poursuit Lode Godderis.

L'obligation de télétravail plus strictement contrôlée