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Tout sur les tests Covid au sein des entreprises

Actualités - 07/04/2021
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Auteur(s): 
Edelhart Kempeneers – Attentia


 Quelques jours seulement après la première annonce, une certaine confusion planait déjà sur les tests rapides au sein des entreprises. Nous en avons donc résumé les principes dans ce Q&A.
 
 

- Quelle est la différence entre les tests PCR, les tests rapides et les autotests ?

- Quand l’employeur peut-il avoir recours aux tests rapides ?

- L’employeur peut-il définir lui-même pour quels employés les tests rapides doivent être effectués et pendant combien de temps ?

- L’employeur peut-il commander lui-même des tests rapides ou des autotests ?

- L’employeur peut-il imposer lui-même des tests rapides (ou des autotests) ?

- Quels sont les frais engendrés par les tests rapides pour l’employeur ?

- Quelles sont les conséquences d’un résultat positif après un test rapide ou un autotest ?

- Quelles sont les conséquences d’un résultat négatif après un test rapide ou un autotest ?

 

- Quelle est la différence entre les tests PCR, les tests rapides et les autotests ?

  • Test PCR : test dont le prélèvement est effectué à l’aide de frottis nasopharyngé profond, de frottis nasal superficiel, de frottis oro-pharyngé (frottis pour la gorge) ou de frottis oro-pharyngé et nasal superficiel combiné) par le médecin du travail ou — sous sa responsabilité — par un de ses collaborateurs du département ou de la section chargé de la surveillance médicale du service interne ou externe de prévention et de protection au travail (service de prévention). L’analyse est effectuée en laboratoire. Le résultat est disponible dans les vingt-quatre à quarante-huit heures. Ce test permet de détecter une nouvelle contamination rapidement.
  • Test rapide : test antigénique rapide effectué par le médecin du travail ou — sous sa responsabilité — par un de ses collaborateurs du service de prévention et dont le résultat est lu par celui qui a effectué le test. Le résultat est connu dans les quinze à vingt minutes. Ces tests ont une sensibilité plus faible que les tests PCR et ne permettent de détecter que les travailleurs très contagieux.
  • Autotest : le test antigénique rapide qui est utilisé par le travailleur lui-même et dont l’analyse et la lecture du résultat sont faites par ce travailleur lui-même.   Ce test a en principe lieu en dehors de l’entreprise, mais depuis le 31 mars, le SPF ETCS l’autorise également dans le cadre de la stratégie de prévention, sous la supervision du médecin du travail ou de ses collaborateurs.
 

- Quand l’employeur peut-il avoir recours aux tests rapides ?

Les tests rapides peuvent être utilisés dans trois cas :

1. Tests rapides dans le cadre de la gestion de cluster : lorsque deux ou plusieurs infections liées au lieu de travail sont détectées, le conseiller en prévention-médecin du travail peut envisager l’utilisation de tests rapides pour contrôler l’épidémie. Ces tests rapides peuvent être mis en œuvre auprès des contacts à faible risque, mais aussi après d’autres travailleurs. Le médecin du travail détermine la fréquence de ces tests, ainsi que la période durant laquelle ils doivent être effectués. Les contacts à haut risque sont directement écartés du lieu de travail, doivent se mettre en quarantaine et passer un test PCR.

2. À l’initiative du médecin du travail, sur la base d’une évaluation des risques : en dehors de la gestion de cluster, et donc sans indications d’une réelle épidémie, le médecin du travail peut juger utile d’avoir recours à une analyse préventive à l’aide de tests rapides. Un risque élevé doit donc être observable. Cela peut par exemple être dû à des antécédents de clusters au sein de l’entreprise, à risque élevé constaté au sein d’autres entreprises similaires, car il est impossible de limiter les contacts sur les lieux de travail (comme dans l’industrie agroalimentaire) ou en raison du fait que le virus circule rapidement dans la région. Le médecin du travail détermine la fréquence de ces tests, ainsi que la période durant laquelle ils doivent être effectués.

3. Tests rapides imposés par le médecin inspecteur social : En réponse à un très grave manquement en lien avec la lutte de la transmission du virus par l’entreprise, le médecin inspecteur social de la Direction générale Contrôle du Bien-être au travail du SPF ETCS peut inviter le médecin du travail-conseiller en prévention à prévoir des tests répétitifs Cette invitation sera toujours associée à des mesures de prévention complémentaires.

L’objectif du test rapide est donc de compléter et d’étendre la stratégie de test existante pour les travailleurs pour lesquels le télétravail n’est pas possible. Ils ne peuvent pas être utilisés pour ramener les télétravailleurs au bureau. Le télétravail reste obligatoire dans la mesure du possible. 
 

- L’employeur peut-il définir lui-même pour quels employés les tests rapides doivent être effectués et pendant combien de temps ?

Non. Le médecin du travail détermine quels travailleurs sont éligibles et quelle stratégie de test sera suivie (type de test, fréquence, durée...). La décision finale est toutefois prise en concertation avec l’employeur et dans le respect de la concertation sociale.

Les catégories de travailleurs déterminées par le médecin du travail sont celles qui peuvent présenter un risque élevé de transmission du virus. Ceci comprend :

  • le nombre de contacts sur une journée ;
  • la variation dans les contacts ;
  • la durée des contacts ;
  • la proximité des contacts pour l’exercice normal de la fonction (le mètre et demi peut-il, en raison de la nature de la fonction, être généralement respecté ou non ?) ;
  • les aspects de ventilation (les contacts se passent-ils principalement à l’intérieur ou principalement à l’extérieur ? Qu’en est-il de la ventilation de l’espace dans des conditions normales d’exercice de la fonction Est-ce une grande pièce ou plutôt un espace fermé ? Y a-t-il une alimentation en air frais importante ?) ; 
  • la charge de travail physique (une charge plus intense amène plus d’exhalation et donc à une diffusion plus large de salive et d’aérosol) ;
  • les risques découlant des déplacements en commun (transport organisé par l’employeur...) ;
  • la mesure dans laquelle des mesures conformément au guide générique (et aux éventuels guides sectoriels) sont prises et sont respectées ;
  • lorsque travailler ensemble est combiné avec vivre ensemble ;
  • la stratégie de vaccination et le taux de vaccination (pour les travailleurs déjà vaccinés, un test rapide donnera probablement très peu de cas positifs parce qu’une charge virale faible est moins rapidement détectable). 
 

- L’employeur peut-il commander lui-même des tests rapides ou des autotests ?

Non. Seul le service de prévention peut disposer de kits de tests rapides et de kits d’autoprélèvement qui figurent sur une liste établie par l’AFMPS (voir critères de l’arrêté royal du 24 mars 2021, comme mentionné au point B). Les kits de test destinés à tester les travailleurs ne peuvent être demandés que par les médecins du travail et doivent également être livrés directement aux médecins du travail. En aucun cas ils ne peuvent être remis directement aux employeurs. 

 

- L’employeur peut-il imposer lui-même des tests rapides (ou des autotests) ?

Non. Les tests ont lieu sur une base volontaire et la vie privée des travailleurs doit être respectée. Selon le SPF ECTS, ce n’est possible que si les tests sont effectués et supervisés par le médecin du travail ou ses collaborateurs. C’est le seul moyen d’éviter que l’employeur exerce une pression directe ou indirecte sur les travailleurs et de garantir à tout moment le respect de la vie privée de ceux-ci. Il s’agit d’un traitement des données de santé pour lequel la vie privée doit être assurée lors de chaque étape de la stratégie de tests. Les résultats des tests ne peuvent donc en aucun cas être communiqués à l’employeur. Bien entendu, si le résultat du test est positif, le médecin du travail établira un certificat de quarantaine.

Les tests rapides avec frottis nasal ou oropharyngé profond sont des actes médicaux, ce qui signifie qu’ils doivent être effectués par un professionnel des soins de santé. Les médecins et les infirmiers peuvent s’en charger, mais également les kinésithérapeutes et les pharmaciens, après une courte formation. Les autotests peuvent depuis peu faire partie de la stratégie de test. Il ne s’agit pas d’un acte médical et ces tests peuvent donc être réalisés par d’autres travailleurs ou par le travailleur lui-même, mais sous le contrôle du médecin du travail ou de ses collaborateurs. 

 

- Quels sont les frais engendrés par les tests rapides pour l’employeur ?

Les tests rapides en eux-mêmes sont fournis gratuitement par le gouvernement fédéral, mais les frais engendrés par le prélèvement ne sont pas couverts par le gouvernement. Le service externe pour la prévention et la protection au travail facture à l’employeur, en unités de prévention pour les entreprises A, B et C+ ou selon les tarifs minimaux légaux pour les entreprises C et D, le temps consacré à la collecte des échantillons, à la réalisation des tests et à l’enregistrement des résultats des tests. 

 

- Quelles sont les conséquences d’un résultat positif après un test rapide ou un autotest ?

Un résultat positif signifie que le travailleur doit se mettre en isolement et doit consulter immédiatement son médecin traitant. Celui-ci vérifie alors, sur la base du contexte clinique et épidémiologique, si une confirmation par test PCR est nécessaire. Les contacts à haut risque du travailleur doivent être mis en quarantaine et doivent être testés selon la stratégie de test en vigueur. 

 

- Quelles sont les conséquences d’un résultat négatif après un test rapide ou un autotest ?

Un résultat négatif ne signifie pas que la personne ne peut pas être infectée par le virus et ne signifie donc pas que le risque de transmission du virus est inexistant. On ne peut pas oublier que ces tests ont une sensibilité plus faible que les tests PCR standard, surtout chez les personnes asymptomatiques. Les tests permettent toutefois bien d’identifier les personnes très contagieuses. Il faut souligner qu’un test négatif ne dispense pas de l’obligation d’appliquer strictement les mesures préventives et que, par conséquent, les mesures mentionnées dans le guide générique (télétravail lorsque cela est possible, distanciation sociale, mesures d’hygiène…) doivent toujours être appliquées dans les entreprises