Intéressé?

Souhaitez-vous avoir accès à de l'information pertinente en sécurité au travail, environnement et médecine du travail ?

Contrôle de l’employeur ? Cinq domaines d’action pour éviter les excès de conduite

Actualités - 14/07/2021
-
Auteur(s): 
Annick Alders – Cautius


Les logiciels de monitoring ont le vent en poupe. Probablement au sens propre, mais assurément au sens figuré dans votre téléphone, votre ordinateur portable, votre ordinateur de bureau et votre GPS. Ces logiciels initialement développés pour détecter les fuites de données dans le secteur financier suivent, au sein des entreprises, les faits et gestes des travailleurs. Si un contrôle proportionné n’est pas une mauvaise chose en soi, mieux vaut réfléchir à deux fois à sa nature. Découvrez ci-dessous comment éviter de faire des travailleurs des robots et des singes.

Les logiciels de monitoring ont le vent en poupe

Parmi leurs possibilités figurent l’enregistrement de données de connexion du réseau de l’entreprise, mais aussi les captures d’écran des fenêtres ouvertes sur votre ordinateur, des enregistrements webcam pour déterminer si vous vous trouvez effectivement derrière votre écran et l’analyse du nombre de touches que vous enfoncez par minute. Par ailleurs, deux autres modes de surveillance sont devenus monnaie courante : la prise des données téléphoniques pour contrôler à qui et combien de temps vous téléphonez, et des données GPS de votre voiture de société permettant de s’assurer que vous ne vous payez pas de vacances.

La confiance, c’est bien. Le contrôle, c’est mieux. Ou pas ?

Ces pratiques frôlent les limites de l’idée selon laquelle la confiance c’est bien, mais le contrôle, c’est mieux. Indépendamment de l’admissibilité juridique de cette démarche, il reste à voir si un tel contrôle n’a pas l’effet inverse de celui recherché. L’augmentation de l’efficacité et de la qualité, le soutien des travailleurs au niveau de la charge de travail individuelle ou l’objectivité des décisions figurent parmi les nobles objectifs du contrôle.

Les pièges d’un contrôle extrême

Tout ce qui brille n’est pas or. Einstein avait déjà repéré le plus grand piège. Ce qui compte ne peut pas toujours être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas forcément. Il est devenu difficile de déceler les personnes derrière les données.

Un contrôle extrême crée des robots et non de meilleurs travailleurs, surtout lorsque le sens, l’autonomie et le contact humain ne sont pas pris en considération.

Comment effectuer un contrôle efficace ?

Vous souhaitez optimiser le contrôle pour un résultat optimal sans enrayer la motivation ? Analysez les éléments suivants et choisissez votre domaine d’action. 

 
Adaptation du processus de travail par la mesure
 
Piège
Mesure

Passer un aspect du travail au crible, comme le nombre d’appels traités par heure, risque d’entraîner des effets involontaires et contre-productifs et résulter en des travailleurs stressés et des clients mécontents, car quantité rime rarement avec qualité. 

  • Déterminez par la mesure l’objectif précis que vous poursuivez
  • Faites preuve d’esprit critique pour déterminer les bons instruments de mesure
  • Évaluez la mesure et ses effets régulièrement et en temps opportun
  • Mesurez différents aspects du travail, même s’ils sont difficiles à quantifier

Effondrement de l’autonomie professionnelle
 
Piège
Mesure

Tout travailleur souhaite se sentir psychologiquement libre, dans la mesure du possible, d’effectuer son travail. Si cette liberté fait défaut et est remplacée par la contrainte de la mesure, la volonté de bien faire son travail cède rapidement sa place à la démotivation. 

  • Créez des tâches pleines de sens
  • Expliquez la raison d’être de certaines tâches fastidieuses, monotones ou répétitives
  • Explorez différentes pistes
  • Impliquez autant que possible les travailleurs dans la prise de décision, même concernant des questions de moindre importance
  • Pensez « surveillance et structure au lieu de contrainte et contrôle »

 Chacun pour soi
 
Piège
Mesure

La mesure quantitative du travail sape les formations pour les nouveaux arrivants, l’aide apportée aux collègues, l’écoute ou encore les discussions à la machine à café. La solidarité entre les collègues, l’équipe et l’entreprise s’effrite.

 
  • Intéressez-vous à la vie sur le lieu de travail
  • Soyez à l’écoute et faites preuve d’intérêt
  • Renforcez l’esprit d’équipe au moyen d’activités pleines de sens
  • Augmentez l’implication dans l’entreprise au travers d’actions ciblées
 
Vous n’êtes pas flexible ? Moi non plus
 
Piège
Mesure

La flexibilité va dans les deux sens. Des systèmes de mesure rigides qui empêchent un travailleur de préparer les sandwichs de son fils pendant les heures de travail ne le motiveront probablement pas à fournir un effort supplémentaire pour l’entreprise si un problème inattendu survient.

 
  • Établissez des accords clairs concernant les attentes mutuelles
  • Délimitez (aussi) le temps inversement. Quand n’êtes-vous pas disponible ?
  • Essayez de mesurer le contenu plutôt que la quantité (temps, appels téléphoniques, frappes par minute, etc.)
 
Donnez des cacahuètes et vous aurez des singes
 
Piège
Mesure

Lors du recrutement, on met souvent en avant le talent pour travailler de manière indépendante et les capacités en termes de résolution de problèmes, mais ces compétences sont ensuite parfois érodées par un contrôle et une standardisation poussés du travail. Cette pratique est communément appelée « Paradoxe de la stupidité ».

 
  • Défaites-vous de l’idée que les gens ne veulent rien faire
  • Rappelez-vous que votre chiffre d’affaires est atteint grâce aux travailleurs et non malgré eux
  • Encouragez l’ownership des travailleurs et intégrez-les dans le processus de l’entreprise
  • Relisez le CV des travailleurs et vérifiez que leurs talents sont en adéquation avec la fonction qu’ils exercent

Informations supplémentaires: Plus d'informations sur senTRAL :

Gérer la surcharge de travail : parfois, faire de son mieux ne suffit pas