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ISO 14001 fête ses 25 ans : l’environnement se porte-t-il mieux ?

Actualités - 14/09/2021
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Auteur(s): 
Jan Dillen


Le système de management environnemental ISO 14001 a vu le jour il y a déjà 25 ans. De nombreux changements sont survenus au cours de ces années, y compris sur le plan environnemental. Et nombre de modifications sont encore attendues ; pensez notamment à la contribution que peuvent apporter les normes ISO dans le cadre de la limitation des gaz à effet de serre (GES). L’ISO 14001 a également apporté une approche plus structurée aux organisations. Pourtant, plusieurs problématiques subsistent : l’objet de la norme ISO 14001 reste flou : management environnemental ou management opérationnel ? L’analyse des aspects environnementaux soulève certaines incertitudes chez nombre d’organisations.

Nous dressons un bilan succinct des aspects positifs et moins positifs de l’ISO 14001 de ces 25 années.

Qu’est-ce que le système de management environnemental ? Difficile à dire

Il y a évidemment beaucoup à dire sur les systèmes de management environnemental. Cependant, le principe d’un système de management environnemental manque généralement de clarté. Un système de « management » se compose-t-il d’éléments de management ou plutôt d’éléments opérationnels et techniques ? S’il est fréquemment renvoyé aux normes, celles-ci contiennent peu d’éléments techniques ou opérationnels. Le chapitre 8 « Réalisation des activités opérationnelles » est le chapitre le moins détaillé de la norme ISO 14001. L’on peut dès lors conclure qu’un système de management environnemental se compose surtout d’éléments de management tels qu’une revue de direction, une politique, l’implication du management, des ressources suffisantes, des objectifs et un plan d’action, une analyse des aspects environnementaux, des formations, des actions correctives et une amélioration continue.


1. Analyse des aspects environnementaux


L’« analyse des aspects environnementaux » est considérée depuis des années déjà comme une source de confusion. Qu’entend-on par là ? En tant qu’entreprise, comment pouvez-vous aborder la réalisation, sans parler de l’audit externe, d’une analyse des aspects environnementaux ? La plus-value de la réalisation de l’analyse des aspects environnementaux reste donc l’un des problèmes de la norme ISO 14001.

2. Performances environnementales ou processus environnementaux ?

Les systèmes de management environnemental sont trop souvent fondés sur une approche axée sur les processus et n’adoptent pas assez une approche orientée sur les performances. De ce fait, un système de management environnemental requiert une analyse des aspects environnementaux, mais les performances environnementales requises restent de la responsabilité de l’organisation même et sont donc plutôt vagues.

3. Résultats d’un système de management environnemental : conclusion difficile à tirer

Alors, quand un système de management environnemental est-il efficace ? L’application d’un système de management environnemental favorise-t-elle l’amélioration de l’environnement et/ou des performances environnementales ? Ce point manque également de clarté. Autrement dit, il existe peu de preuves scientifiques qu’une organisation disposant d’un système de management environnemental obtiendrait de meilleures performances environnementales qu’une organisation n’en disposant pas. Le système de management de la santé et de la sécurité de Robson (OHSMS) a tiré cette conclusion du nombre plutôt limité de cas et de la qualité plutôt limitée des études sur la performance des systèmes de management : “…the body of evidence was insufficient to make recommendations, either in favour of or against OHSMS.” Soit une position neutre. D’autres études mentionnent une augmentation du nombre de signalements d’incidents (environnementaux), mais il n’est jamais possible de démontrer qu’ils découlent de l’introduction d’un système de management environnemental ou d’autres facteurs tels qu’une nouvelle direction ou un nouveau coordinateur environnemental. Ensuite, il n’est évidemment pas possible de prouver qu’une augmentation des signalements d’incidents environnementaux est directement liée à l’amélioration des performances environnementales de l’organisation. La corrélation entre l’introduction d’un système de management environnemental et la diminution des conséquences néfastes sur l’environnement ne peut donc être prouvée, ou pas de manière suffisamment significative.

4. Illusion de volontariat

Il est souvent supposé qu’une organisation peut décider volontairement de mettre en œuvre un système de management environnemental conforme à la norme ISO 14001. Rien n’est moins vrai. Certaines obligations légales imposent parfois l’introduction d’un système de management environnemental, mais le plus souvent, il s’agit d’exigences formulées par des clients ou des donneurs d’ordres, si bien que l’on ne peut réellement parler de volontariat.

Une distinction est dès lors souvent établie à tort entre la décision délibérée d’instaurer un système de management environnemental et l’obligation (légale). Personnellement, je trouve la distinction entre libre choix et obligation légale moins pertinente. Car lorsque certaines parties - souvent des clients ou des donneurs d’ordres - demandent un certificat ISO 14001, il n’est plus vraiment question de libre choix.


5. Conséquences positives d’un système de management environnemental

Une meilleure répartition des tâches et responsabilités a été observée au sein des organisations disposant d’un système de management environnemental. Une amélioration au niveau des effets secondaires telle qu’une sensibilisation accrue à l’environnement, un rapportage plus fréquent des incidents environnementaux, a également été constatée. De manière générale, il est également ressorti une augmentation de la « contribution à l’environnement » (affiches, réunions, observations, etc.).

Un ISO 14001 s’accompagne aussi de nombreux avantages commerciaux.

6. Conséquences négatives

L’instauration d’un système de management environnemental peut également entraîner des conséquences négatives. Celles-ci peuvent être examinées au niveau de la norme ISO 14001 même, de l’instauration d’un système de management environnemental et de sa certification. La norme ISO 14001 reste vague, ce qui sème la confusion chez de nombreuses organisations, notamment les PME. L’instauration de l’ISO 14001 entraîne dès lors une augmentation de la paperasse (revue de direction, audits internes, etc.) et sa certification est souvent assez onéreuse.

7. Avenir des systèmes de management environnemental

L’avenir des systèmes de management environnemental est assurément prometteur. Outre l’importance sociale croissante de la préservation de l’environnement, le réchauffement climatique et l’économie circulaire offriront de nombreuses possibilités d’expansion du management environnemental. L’ISO et les normes ISO peuvent apporter une contribution significative à cet égard.

Conclusion

En conclusion, l’on peut avancer que les conséquences positives de la mise en œuvre d’un système de management environnemental selon la norme ISO 14001 sont plutôt difficiles à démontrer. Les effets positifs et négatifs s’équilibrent mutuellement.

L’importance sociale de l’environnement et des systèmes de management environnemental ne peut évidemment pas être remise en question. L’avenir de la norme ISO 14001 est donc assuré. En route pour les prochaines 25 années.

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